Nuit brute sur le cargo Charles-de-Gaulle : mon sexe anonyme en escale à Caracas

Le cargo Charles-de-Gaulle ronronne comme un vieux fauve malade. Réacteur Fermi qui crachote sa vapeur radioactive, odeur aigre de fûts éventrés, flaques iridescentes sur le quai désert de Caracas. Pluie jaunâtre qui ruisselle, laisse une pellicule grasse sur ma peau. Loin de la Cité qui crépite, de ses vrilles d’acide dans ma tête, de ses G.M. et logars. Ici, je suis Anonyme. Voyageuse sans idcarte, sans passé. Valise bouclée au pied de la passerelle, prête à embarquer pour Staffa, l’île oubliée. Liberté qui cogne dans mes veines, hanches qui ondulent sous la tunique trempée, tignasse rousse plaquée.

Je sens son regard avant de le voir. Deux pointes de feu sur ma nuque. Louis Salernes, la bête rugueuse. Massif, poilu, barbe sauvage, torse de lutteur bombé sous sa chemise sale. Il s’avance, lent, plantigrade, yeux de chat qui me déshabillent déjà. ‘T’es pas d’ici, rouquine. Besoin d’un passage ?’ Voix de basse, grave, qui vibre dans mon ventre. Je hausse les épaules, souris oblique. Pas d’indécision ce soir. Les G.M. sont loin, la foule de la Cité aussi. Juste le frisson de l’imprévu, ce corps étranger qui appelle le mien. Il pose sa patte sur mon bras, lourde, chaude. Paume sèche. ‘Viens voir l’eau avant le départ.’ Je ne résiste pas. Pourquoi ? Parce que je suis ailleurs, libre de mes désirs vifs.

L’Approche

On descend l’échelle rouillée, pieds glissants sur les barreaux. Quai sombre, vague qui clapote contre le flanc du bateau. Il me plaque au mur froid, béton suintant. Bouche sur la mienne, rude, barbe qui gratte. Langue qui force, goût de bière et sueur. ‘T’es bonne, putain.’ Ses mains battoirs déchirent ma tunique, exposent mes seins menus, tendus par le froid. Pointe durcie qu’il pince, aspire. Je gémis, vrilles qui se déploient malgré moi, capte ses pensées grasses : beau cul, serré, à fourrer. Mon sexe pleure déjà, étroit, humide. Il descend, pantalon ouvert, queue d’âne raide qui claque mon ventre. ‘À genoux.’ Je obéis, anonyme, voyageuse qui suce un inconnu. Bouche pleine, veines gonflées sur ma langue, sel et musc. Il grogne, empoigne mes cheveux roux.

L’Explosion et la Disparition

Jeanne surgit de l’ombre, larges épaules, sourire lent. ‘Partage, Louis.’ Elle s’agenouille aussi, langue sur mes lèvres autour de sa bite. Trio fiévreux. On saute dans l’eau noire, amère, toxique. Vagues froides qui nous coiffent. Nus, enlacés. Louis me soulève, jambes nouées à sa taille, me pénètre d’un coup. ‘Serre-moi, salope.’ Chatte écartée, remplie, brûlante. Coups de reins violents, claquements d’eau et chairs. Jeanne derrière, doigts dans mon anus sensible, langue sur mon clito. ‘Encore, petite douce.’ Je râle, cris perdus dans sirènes lointaines, fusillades du coup d’État. Orgasme qui explose, torrent, je griffe son dos poilu. Il se répand en moi, grognant comme ours. Jeanne me prend à son tour, doigts profonds, je jouis encore, reins arqués.

Nuit tombe. On remonte, haletants, peaux luisantes. Il me baise une dernière fois contre la coque, rapide, bestial. ‘Anonyme, hein ?’ Je hoche la tête, remets ma tunique déchirée, boucle ma valise. Passerelle grinçante, je monte seule sur le cargo. Lui et Jeanne restent en bas, silhouettes dans la brume. Moteurs grondent, vapeur radioactive m’enveloppe. Je disparais, trace effacée, prête pour la mer, Staffa, prochains frissons. Personne ne saura. Juste le sel sur ma peau, le vide doux entre mes cuisses.

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