Diotima d’Érétrie : Éros Cru au Banquet de Callias
La maison de Callias respire encore le vin et la myrrhe. L’aube grise d’Athènes filtre par les colonnes. Diotima d’Érétrie s’isole sur la terrasse, loin des ronflements des convives. Sa tunique colle à sa peau moite, froissée par la nuit de paroles enflammées. Ici, personne ne la connaît. Fille de sophiste, mais anonyme, voyageuse sans attaches. Le vent du Lycabette caresse ses cuisses nues sous le tissu fin. Liberté brute. Le désir palpite, réveillé par les mots sur Éros. Pas d’échelle vers le beau, non. Juste la faim du corps.
Des pas légers. Aristophane surgit de l’ombre, joues rosies, yeux moqueurs. Il s’appuie au muret, coupe à la main. « Le poète cherche sa moitié », ricane-t-il, voix rauque. Son regard glisse sur sa gorge, sa hanche. Elle ne recule pas. L’air vibre. Odeur de sueur masculine, de vin aigre. « Et si on la trouvait, là, maintenant ? » murmure-t-elle, gorge sèche. Il approche. Doigts effleurent son bras. Chair de poule. Cœur cogne. Pas de mots sages. Juste le frisson de l’inconnu. Elle sent sa queue durcir contre sa cuisse. Choix fait. Parentjhèse charnelle. Sans demain.
L’Approche
Il la plaque au mur de pierre tiède. Bouche vorace sur la sienne, langue invasive, goût de figues et de miel. Mains partout. Il déchire la tunique d’un geste sec. Seins libérés, tétons durs sous le frais du matin. « Putain, t’es une déesse en chaleur », grogne-t-il, barbe grattant son cou. Elle rit bas, mord sa lèvre. « Montre-moi ton Éros, poète. Pas tes mythes. » Il la soulève, jambes autour de sa taille. Pierre rugueuse dans le dos. Sa chatte dégouline déjà, mouille ses doigts qui fouillent sans ménagement. Gémissements étouffés par le chant lointain des coqs. Athènes s’éveille, ignorante.
L’Explosion
Sur une klinè abandonnée, nearby, il la jette comme une proie. Queue raide, veinée, dressée. Elle l’engloutit d’un coup, gorge profonde, salive coulant. Il jure, « Bordel, ta bouche… ». Puis il la retourne, cul en l’air. Entre d’un coup sec, brutal. Bites qui claque dans la chair trempée. Hanches claquent, sueur perle. « Plus fort, fous-moi en vrac ! » halète-t-elle. Il obéit, mains crispées sur ses hanches, ongles enfoncés. Seins ballottent, tétons frottent les coussins râpeux. Odeurs : sperme imminent, cyprine, résine des lampes éteintes. Orgasme la secoue, spasmes violents, cris rauques avalés par le vent. Il explose en elle, jet chaud, grognements animaux. Corps collés, pantelants, cœurs fous.
Le soleil dore les toits. Elle se dégage, tunique rapiécée à la va-vite. Pas un mot. Il sourit, effondré sur la klinè. Elle boucle son chiton, attrape son voile. Clés ? Non, juste un signe de tête à l’esclave endormi. Descend les marches, jambes tremblantes, semence coulant encore. Rues d’Athènes bruissent : marchands, ânes, voix. Elle est redevenue l’étrangère. Anonyme. Valise invisible bouclée. Prochain bateau pour Érétrie, ou ailleurs. Frisson lingère, mais trace effacée. Éros vécu, pas conté.