Ma parenthèse anonyme : du bar des Arches à l’hôtel, une baise sauvage
Le bar des Arches respire le passage éphémère. Lumière tamisée par des stores jaunis, odeur de café fort et de tabac froid. J’y entre après avoir déposé les gosses au lycée, le border collé à mes jambes. Loin de la routine, du dentiste qui gratte des molaires, je me sens anonyme. Une voyageuse de passage dans cette ville des bords de Loire, libre comme jamais. Max approche, prétexte le chien. ‘Belle bête’, dit-il, main tendue. Ses yeux gris me scannent, faim contenue. On parle météo, olympiades, son poil soyeux. Son pied effleure le mien sous la table. Électricité. Doigts qui se frôlent. Je caresse sa main, rougis. ‘T’es seule longtemps ?’ murmure-t-il. Je hoche la tête, cuisses serrées. Le serveur pose l’eau pour le clebs, ronronnement lointain d’une voiture dehors. On rit bas, regards complices. Son blouson sent le cuir usé, la testostérone. Je me lève, pied contre le sien. Hall d’immeuble à deux pas. Il paye, on sort. Main dans la main, on file vers l’hôtel. Frisson pur. Pas de nom, pas d’histoire. Juste ça.
La chambre pue le moisi chic, draps frais qui crissent sous nos corps. Porte claquée, il me plaque au mur. Bouche vorace sur la mienne, langue qui fouille, salive tiède. ‘T’es une salope en manque’, grogne-t-il, mains sous mon pull, tétons pincés dur. Je gémis, ‘Baise-moi, fais-moi jouir comme une chienne’. Culotte arrachée d’un geste, il me soulève, cuisses écartées. Bite raide, veinée, contre ma chatte trempée. Il frotte, glisse dedans d’un coup sec. Pleine, étirée. Coups de reins brutaux, mur qui tremble. ‘Plus fort, défonce-moi !’ Je griffe son dos, onglées rouges. Il me jette sur le lit, matelas affaisse. À quatre pattes, il claque mes fesses, entre par derrière. Boules qui tapent, humide, gluant. Odeur de sueur, de mouille. ‘T’aimes ma queue ?’ ‘Oui, remplis-moi !’ Gémissements rauques, bruits de chair claquant, perdus dans le bourdonnement de la ville. Lumière filtrée par rideaux minces, ombres dansantes sur nos peaux luisantes. Orgasme monte, ventre noué. Il accélère, grogne animal. Je jouis en criant, spasmes violents, jus qui coule. Il explose dedans, chaud, abondant. On s’effondre, haletants, cœurs cognant.
L’Approche
Vingt minutes plus tard, je boucle ma ceinture, lisse cheveux blancs. Chien attend sagement au pied du lit. ‘C’était bon’, dis-je, bisou fugace sur sa joue mal rasée. Il hoche, yeux vitreux. Je saisis la laisse, clé rendue au comptoir – tic-tac de l’horloge, réceptionniste indifférent. Dehors, air frais pique la peau moite. Voiture ronronne en démarrant, bords de Loire défilent. Redevenue anonyme, trace effacée. Lui ? Un souvenir flou, comme un transit dans un aéroport. Mon quotidien reprend, mais ce frisson pulse encore entre mes cuisses. Prochain départ, prochaine escale. Libre.