Sexe Anonyme en Chambre d’Hôtel : Ma Rencontre Frustrante et Viscérale en Voyage
Le ronronnement sourd de la clim envahit la chambre d’hôtel, quelque part à Lisbonne, loin de mon quotidien parisien. Draps frais qui crissent sous mes cuisses nues. Lumière tamisée du néon extérieur qui danse sur les murs beiges. Valise béante sur le rack, prête à fuir demain. Ici, je suis Anonyme. Personne ne sait qui je suis. Le bar lounge en bas m’a livré ce type, croisé au comptoir, verre de bière tiède en main. Regard complice, frisson de l’imprévu. Il monte avec moi, fleurs arrachées au hall, un livre écorné du lobby, CD sortis de sa sacoche. Liberté totale. Pas de repères, pas de traces.
J’inspecte ses cadeaux d’un œil blasé. Fleurs dans un vase en plastique chiné dans la salle de bain. Livre balancé sur le tas de magazines froissés. CD éparpillés sur la moquette rêche. Il reste raide près de la porte, comme un ‘i’. Je verse une bière du minibar, pas glacée. Geste du menton pour qu’il s’asseye. Silence pesant. Miettes de chips collent à la table en formica. Il n’ose pas les balayer.
L’Approche
« C’est dommage que je ne t’aime pas autant que tu m’aimes. »
« Tu dis ça comme si tu disais : ‘Tiens, j’ai raté le train.’ »
« C’est pas mon genre. De rater le train. Oui, c’est dommage, parce que sinon je te ferais des cadeaux, moi aussi. »
« C’est pas grave. C’est pour une autre fois. »
« Non, ah non ! Je ne t’aime pas et je n’ai pas prévu de t’aimer. »
Le dialogue fuse, nerveux. Bruits de la ville étouffés par la double vitre. Klaxons lointains, rires d’inconnus.
La chambre s’emballe. Je l’embrasse fougueusement, langue qui fouille, vorace. Dents qui arrachent boutons de chemise, tétons pincés. Ceinture en cuir claqué au sol. Pantalon et slip aux chevilles. Lèvres autour de sa verge qui durcit. Mains sur fesses, testicules effleurés. Puis stop. Yeux dans les yeux : « Oui, si je t’aimais, ce serait comme ça. Quel malheur que je ne t’aime pas ! »
Il boude. « Tu m’emmerdes à répéter ça. Je peux me rhabiller ? »
« On ne commande pas ses sentiments. Toi, tu m’aimes, hein ? »
« Je sais plus. »
Je soupire. « Tout à l’heure tu disais que tu m’aimais. »
« Fiche-moi la paix ! »
L’Explosion
« Baise-moi, mon chéri ! J’en ai tellement envie, à presque croire que je t’aime. »
Corsage jeté sur le canapé usé. Soutien-gorge, jupe, culotte. Nue. Je fouille ma touffe au son d’un CD suave, mis au hasard. Frissons dans l’air lourd. « Je suis très chaude. Pourvu que je n’ai pas d’orgasme ! »
« Pourquoi pas ? »
« Avec quelqu’un que je n’aime pas ? Non. Antoine, je l’aime, mais au lit, rien. Même sur capot de Mercedes, ça bloque. »
« Allez, fous-toi à poil et fous-moi ! »
Il se déshabille, mécanique, comme au gymnase. Slip ringard aux chevilles. Figé sur le tapis. Je le traîne au canapé. Halètements. Missionnaire, levrette. Verge molle qui glisse, refuse. « Bordel ! Montre que tu m’aimes ! Défonce-moi ! »
« Tu veux voir si je ne t’aimais pas ? »
« Non ! Salaud ! Baise-moi ! Enfile-moi ! »
« J’ai peur de te filer un orgasme non désiré. »
« Tant pis ! »
Rien. Manipulations vaines. Bouche experte. Poses folles. Testicules flasques. Rage monte. Livide, je lâche. Et là, la verge racornie crache un jet ridicule de sperme sur le canapé. Tache blanche qui s’étale, odeur âcre dans la clim.
Le silence retombe. Ville qui pulse dehors. Je me rhabille vite. Valise bouclée en deux gestes. Clés rendues au desk dans un clin d’œil. Taxi ronfle déjà. Lui reste là, pantelant. Moi, disparue. Anonyme repart, frisson intact, vers l’inconnu suivant.